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mercredi 4 mars 2015

The usefulness of whiteness and the paradox of blackness

Those who think of themselves and others who look like them as "white" get upset when they are told that they are not white. 

They are indeed aware of the usefulness of the concept they use to define themselves. Losing it means losing a form of power.

The proponents of whiteness get very upset when a person who "should" behave as "white" chooses not to do so *. They know it is a danger posed to the artificial unity of the "white race". 

In many cases, they are not even aware of any concept behind the word. They were taught to think of it as "skin color", which it is not. It is absolutely not the expression of nature but rather of ideology and culture. 

As the societies they live in have taught them to believe that "whiteness" is natural, it is extremely destabilizing for them to be reminded or told that "white" is a racist notion. (It is just as destabilizing to learn that Christopher Columbus was an invader and a slaver).

"Whiteness" is a belief that holds societies together, that would otherwise explode due to their extreme social violence. In the US, the epitome of such societies, violence is expressed through the hypocritical reference to the 2nd Amendment of the Constitution to justify the "right" to own and use a gun. 

In France, where things are usually expressed in a more subtle way, it is the reference to the Enlighment ("Les Lumières", literally, "the Lights") that keeps the French united behind another type of hypocrisy. Most French people actually believe in the superiority of their "mode of thinking" and their "right" to impose "Human Rights" (les Droits de l'Homme) which the Enlighment unilaterally designed as "universal". 



"Blackness", as a mirroring concept to whiteness, appears in societies where "whiteness" is the dominant ideology. The concept of blackness thus is a tool that dark-skinned people (mostly Africans and descendants of Africans, but also others) find themselves having to use to counteract the ideology of whiteness and its expressions in the system of white supremacy. 

Blackness is no more natural than whiteness is. But as long as whiteness is enforced as a coercitive concept, blackness will exist as a concept that forces itself on people who are the first targets and victims of white supremacy. 

It appears as a uniting conceptual tool, but is still paradoxically imposed by the opposite concept of whiteness. It may appear as a concept people choose, but there is no choice in being designed or labelling oneself as "black". It actually means that white supremacy manages to impose even the concepts its victims use to defend themselves. 

The vicious circle of racial thinking proves to be extremely powerful. Unless people decide that they are going to get rid off it altogether (refrain from using its words), they will remain stuck in a type of thinking that reinforces racism instead of destroying it. This is valid for people labeled as "whites" as well as "black" (and more rarely as "yellow" or "red"). One cannot be "anti-racist" if one defines oneself with the words of "race".

* one example of such a person in French society is Pr Louis Sala-Molins, who has written several books pertaining to the racist laws that were based on the theory of race. A French historian, Alain-Gérard Slama, said this about Pr Sala-Molins: "with a stupefying ignorance Sala-Molins accuses the western, white species he belongs to". As Pr Sala-Molins comments: "All is clear".

vendredi 25 avril 2014

Le racisme, ce n'est pas de la haine

La haine, c'est une des conséquences du racisme.

Le racisme est une idéologie, pas un sentiment.

C'est une idéologie qui est encore aujourd'hui appliquée à travers des lois et des systèmes politiques.

Une idéologie à laquelle souscrivent des groupes organisés, mais aussi des "gens", qui savent ou ne savent pas qu'ils sont racistes, mais qui "croient" aux idées qu'on leur a inculqué à travers, par exemple, le système scolaire de leur pays.

Une idéologie, ça se combat politiquement. ça nécessite des réformes, c'est à dire des lois qui améliorent les choses. Qui permettent de sanctionner les citoyens qui se comportent de manière raciste envers les autres. Mais quand des sociétés entières se sont construites sur l'idée que leur "nation" correspond à une "race", cela devient très compliqué parce qu'il faut alors remettre en cause tout les concepts qui sont à l'origine du mode de fonctionnement de cette société.

Nous en sommes là en France. Nous avons un président qui avait promis, par exemple, de fait supprimer le mot "race" de  la Constitution. Il y est toujours. Le sous-entendu est qu'on ne veut pas se débarasser de l'idée... On a bien du mal en tous cas.

Si on se débarasse de l'idée, de la notion de "race", on aura déjà fait un grand pas vers la réduction des expressions de haine liées à cette idée.

Lectures pour étoffer les idées:

Dorlin Elsa, La matrice de la race. Généalogie sexuelle et coloniale de la Nation française. Paris, La Découverte, 2009 (2006)


Citron Suzanne, Le Mythe national. L'Histoire de France revisitée. Paris, Les Editions de l'Atelier/ Editions Ouvrières, 2008

jeudi 27 février 2014

Du Père Noël et de la "race".

Cela peut sembler bien incongru, de parler dans un seul et même article de ces deux sujets apparemment bien distants.

Et pourtant, en terme de psychologie de la manipulation, on est en terrain commun.

Tous les enfants, dans les cultures chrétiennes ou baignées de chrétienté, renoncent un jour ou l'autre à leur croyance en ce personnage particulier qu'est le Père Noël.

Alors pourquoi ne renoncent-ils pas à la croyance en la "race" ?

C'est pourtant une croyance tout autant basée sur l'invention, l'imaginaire, que le personnage du Père Noël... Tous les adultes savent que le père Noël n'existe pas. Mais ils savent aussi que dans les cultures chrétiennes, il participe de la construction sociale et psychique des enfants. Le Père Noël apprend à obéir, à partager, à être gentil, à respecter les plus âgés, etc...

De même pour l'idée de "race": elle apprend des choses aux enfants...

Qu'apprend-elle ?

Qu'il y a des groupes humains avec des "rôles" particuliers. Que leur "apparence" définirait leur "caractère". Qu'un groupe humain défini comme "blanc" est supérieur aux autres, en particulier à celui défini comme "noir" de part sa supériorité intrinsèque, supposément contenue dans sa "blancheur" (donc sa pureté).

Mais contrairement à la croyance au Père Noël, la société raciste ne considère pas qu'il faut s'en défaire. Alors qu'il est tout aussi stupide en soi de croire en des "races" que de croire qu'un vieux monsieur vit au Pôle Nord et descend par les cheminées pour déposer des cadeaux au pied d'un sapin !

La société raciste ne se défait pas de la race, car elle est le moteur de nombre de ses appareils de contrôle social et politique. Elle l'est depuis l'avènement de la république, en France et aux Etats-Unis, par exemple. Elle sous-tend toutes les politiques de migrations, si importantes dans les sociétés capitalistes.
Concernant cet exemple, considérons le vocabulaire utilisé: quand un occidental (un "blanc") migre dans un autre pays, c'est un "expatrié". Quand un étranger (un "non-blanc") migre, c'est un "immigré". Même à travers le lexique, pour parler de la même chose, on a l'expression d'une "supériorité" implicite.

Alors, on peut en conclure que, comme pour la croyance au Père Noël, qu'on ne peut pas arracher d'un coup aux enfants, sous peine de les peiner, les rendre tristes ou les déstabiliser dans leur vision du monde, il faut aussi passer par une phase d'apprentissage de la vérité pour les adultes qui doivent se défaire de leur racisme acquis.

Si on les attaque de front, en leur affirmant la vérité: "les races n'existent pas", on risque de ne plus pouvoir partager quoique ce soit avec eux. C'est par le récit de faits, amenés les uns après les autres, des preuves de la non-existence des "races", qu'on peut atteindre ce but. C'est par la répétition, l'apprentissage de toutes les manières, qu'on peut le faire, tout comme les racistes ont pratiqué la répétition et la multiplicité des approches pour inculquer leur croyance.

Car un raciste ne supporte pas d'être confronté avec cette réalité traumatisante: il s'est en effet construit dans l'idée qu'il appartient à une "race". De même des gens qui n'ont à priori pas de propension à être racistes (comme les victimes du racisme elles-mêmes) peuvent se trouver déstabilisés face à l'affirmation de l'inexistence d'une référence identitaire (imposée) qui était la leur jusqu'à ce jour. Ce vide soudain dans leur définition d'eux-mêmes peut être vertigineux.

Il faut absolument trouver matière à leur reconstruire un monde, dans lequel ils ont une place qui n'est pas qu'absence. Il faut contrer le racisme avec une autre vision pour que les êtres humains qui se sont construits dans l'idée de race puissent doucement se percevoir autrement, concevoir leur appartenance au monde de manière positive et utile.

Tout comme les enfants continuent à vivre et deviennent matures en renonçant à croire au Père Noël.