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mercredi 16 juillet 2014

Réflexes racistes ?...


Voici une vidéo censée montrer le "racisme" chez des enfants européens, mais qui montre surtout les défauts de l'étude en question et de nombreux problèmes sous-jacents, en particulier les préjugés inscrits dans la manière de mener l'étude elle-même.

Les enfants pensent-ils les personnages comme "noir" et "blanc" ? Pas sûr, il arrive assez souvent que les enfants rejettent ces étiquettes raciales pour des descriptifs de couleur (beige/ marron).

Que se passerait-t-il si on proposait plusieurs choix au lieu de deux choix clairement prédéfinis racialement, en plus ?

Et si on proposait aux enfants d'avoir l'alternative de ne pas choisir ?

On voit bien que plusieurs d'entre eux hésitent et regardent la chercheuse pour "vérifier si c'est bien ça" (surtout un !). En plus elle réagit avec approbation ("hum hum, oui")

Ne choisissent-ils pas "ce qu'on attend d'eux" parce qu'ils ont déjà repéré les préjugés et sont face à un adulte avec de l'autorité?

Autre proposition: comment cela se passerait-il s'ils étaient isolés dans une cabine avec les différentes proposition d'instructions, dont "je ne sais pas" comme réponse possible ?

Une dernière situation possible: l'adulte avec autorité qui retourne les flash-cards est lui-même ou elle-même classifié comme noir(e).... - Comme par hasard, ce n'est jamais le cas-. Pourtant cela permettrait vraiment de savoir si la figure de l'adulte qui "distribue les cartes" a lui-même un rôle (d'autorité et donc déformant dans le cadre du test qui devrait rester neutre).

Par ailleurs, le concept "d'ethnie" est récent, une variante de "race". Cependant la spécialiste en neuro-sciences (les neuro-sciences pour étudier le racisme ?) l'emploie comme il s'agissait d'une reconnaissance réflexe, innée ("naturelle", comme renchérit le journaliste). On se rassure comme on peut sur les concepts imposés culturellement par sa civilisation en en faisant des faits "naturels" inévitables.

Et finalement, dernière remarque concernant ce "test": les conclusions apportées par ces chercheurs français et suisses ne prennent pas du tout en compte le contexte original de l'utilisation de ces outils. Aux US, on fait ces mêmes études (avec les mêmes images) principalement avec des enfants classifiés comme "noirs" ou dans des lieux avec un mélange d'enfants de toutes origines, majoritairement afro-américains.

Donc les résultats ne peuvent pas être interprétés de la même manière du tout: comment pourrait-on parler "d'identification positive" avec "son groupe ethnique" quand des enfants "noirs" montrent les mêmes réactions que celles décrites ici ? Il ne s'agit plus de "racisme" (dans le sens de sentiment de supériorité et de rejet en conséquence) mais plutôt de révélation d'une aliénation.

Personnellement, comme titre pour cette vidéo, je choisirais l'autre expression favorite de ces messieurs-dames: "tout le monde est un peu raciste", qui est clairement disculpante et généralisante, et correspond au but inavoué (ou inconscient) de cette "étude".

Si c'est ainsi qu'on envisage de "combattre" le racisme, on est mal parti.

Commençons déjà par expliquer à tout le monde que c'est: une idéologie, pas de la biologie.

vendredi 25 avril 2014

Le racisme, ce n'est pas de la haine

La haine, c'est une des conséquences du racisme.

Le racisme est une idéologie, pas un sentiment.

C'est une idéologie qui est encore aujourd'hui appliquée à travers des lois et des systèmes politiques.

Une idéologie à laquelle souscrivent des groupes organisés, mais aussi des "gens", qui savent ou ne savent pas qu'ils sont racistes, mais qui "croient" aux idées qu'on leur a inculqué à travers, par exemple, le système scolaire de leur pays.

Une idéologie, ça se combat politiquement. ça nécessite des réformes, c'est à dire des lois qui améliorent les choses. Qui permettent de sanctionner les citoyens qui se comportent de manière raciste envers les autres. Mais quand des sociétés entières se sont construites sur l'idée que leur "nation" correspond à une "race", cela devient très compliqué parce qu'il faut alors remettre en cause tout les concepts qui sont à l'origine du mode de fonctionnement de cette société.

Nous en sommes là en France. Nous avons un président qui avait promis, par exemple, de fait supprimer le mot "race" de  la Constitution. Il y est toujours. Le sous-entendu est qu'on ne veut pas se débarasser de l'idée... On a bien du mal en tous cas.

Si on se débarasse de l'idée, de la notion de "race", on aura déjà fait un grand pas vers la réduction des expressions de haine liées à cette idée.

Lectures pour étoffer les idées:

Dorlin Elsa, La matrice de la race. Généalogie sexuelle et coloniale de la Nation française. Paris, La Découverte, 2009 (2006)


Citron Suzanne, Le Mythe national. L'Histoire de France revisitée. Paris, Les Editions de l'Atelier/ Editions Ouvrières, 2008

vendredi 28 février 2014

Afro/Negro-phobie... Euro-arnaque ?

Attention aux arnaques conceptuelles...



La nouvelle, c'est "l'afrophobie" ou la "négrophobie". En lieu et place du racisme ?


Une phobie, ce n'est pas un délit, ce n'est même pas une idéologie. Donc ce n'est pas condamnable.

C'est "juste" une maladie...

ça ne se légifère pas, on peut "juste" essayer de soigner les "pauvres malades".

Mais les traduire devant un tribunal pour "afrophobie"/ "négrophobie" ?

Pas possible.

Attaquer l'afrophobie devant la justice ? 


Pas possible, puisque ce n'est pas défini légalement.

Cette translation habile et rusée du racisme (idéologie condamnable car érigée autrefois en Loi, et aujourd'hui condamnable comme Délit) n'est pas un élément de "l'arsenal législatif européen".

Les "bonnes âmes" et éventuellement les "psy" vont la combattre.

Mais comment faire quand les psy eux mêmes en souffrent ?




Merci à Nzwamba Simanga d'Uhem Mesut de pointer les choses essentielles...

Le racisme, c'est quoi ?

Ces derniers temps, ça recommence. Les tentatives de noyer le poisson. De créer la confusion pour qu'on s'occupe de tout, sauf de l'essentiel.


Comme de créer un nouveau terme: l'afrophobie... et quand on cherche bien, on retombe sur: racisme.
Le racisme, c'est quoi ?

Pour commencer, c'est singulier. Ce n'est pas pluriel. Il n'y a pas "des racismes". Tout comme il n'y a pas "des humanités".

Le racisme a des origines bien précises, et des raisons d'être tout aussi précises.

Il postule l'existence de "races" humaines.

C'est à dire que le premier effet de cette notion est de SEPARER implicitement. S'il y a des "races", c'est que nous sommes différents intrinsèquement, biologiquement. C'est ce qu'on appelle l'essentialisation de la race.

Première confusion: certains pensent que nier l'existence des "races", c'est nier les "différences". Les différences d'apparences, culturelles ou géographiques, par exemple.

C'est une des techniques favorites des racistes ou des racistes qui s'ignorent pour jeter la confusion dans le débat.

Or, quand nous parlons de "différences", nous ne parlons PAS de "races".

Nous parlons de différence de couleur de peau, ce qui n'est PAS la même chose que la "race".

C'est une des plus belles réussites des racistes: celle d'avoir réussi à trouver des concepts qui semblent se confondre avec la couleur de peau: blanc, noir, jaune, rouge.


Or, si on observe bien, personne n'a la peau de ces couleurs. La peau des êtres humains varie du brun très foncé au beige très clair.

Si on considère "blanc", "noir", "jaune" et "rouge" comme des couleurs de peau, alors dites-moi:

où commence et finit le "blanc" ?
où commence et finit le "jaune" ?
où commence et finit le "rouge" ?
où commence et finit le "noir" ?

Il y a même des gens qui se sont amusés à déterminer les "nuances" de "noir", nuances de "blanc"!

Et personne n'y voit un problème ?

Bref, tout cela pour dire qu'on ne parle pas de couleur de peau, mais de concepts/ notions liés apparemment à l'apparence, qui sont en fait des termes qui contiennent un SENS, quand on parle de "races".

Dans les langues européennes*, le blanc, le noir, le jaune et le rouge étaient (et sont toujours) fortement connotés.

Les appliquer (littéralement, comment une couche de peau en plus) à des humains agi(ssa)it de manière à transférer le sens de la couleur à l'humain en question. Ce qu'on retrouve dans les définitions des "caractères" liés aux 4 "races" par les taxonomistes et autres naturalistes qui ont différencié et classifié les races (pour en trouver une certain nombre, souvent supérieur à 4) au 18è et 19è siècles en particulier.


Quand nous parlons de différences, nous ne parlons pas de "races".

Nous parlons de différences culturelles, religieuses, etc, liées à des apprentissages, et pas des choses innées.

Les racistes dit "scientifiques" ont également tenté de lier les "races" à des caractéristiques autres que physiques ou d'apparence. Ils ont tenté de généraliser à des "types" humains, surtout en fonction de ce qui leur était utile pour justifier les agissements qui ont accompagné le développement du racisme: l'esclavage, le colonialisme, le tout sur fond de capitalisme.

Le procès qui consiste à attaquer celles et ceux qui combattent le racisme en arguant du fait qu'il faut "respecter les différences" est fondamentalement marqué par une acceptation du racisme. Il se double très souvent d'un strabisme intellectuel qui consiste à multiplier les racismes jusqu'à ce qu'on ne s'y retrouve plus, et SURTOUT: jusqu'à ce qu'on oublie ce qu'est le racisme !

Le racisme, c'est:

1 - l'invention de "races" humaines basées sur l'application habile de "couleur" qui n'en sont pas à des groupes humains, qu'on définit en sus comme homogènes, c'est à dire qu'on y voit des humains "tous pareils", qui "se ressemblent tous".

2 - l'idée qu'une de ces "races", celle qui s'est inventée elle-même et qui a inventé les "autres"; la "blanche", serait SUPERIEURE aux autres, et en particulier à la "noire". Et que de part cette supériorité supposément intrinsèque, elle aurait tous les droits sur les autres "races". Y compris de les définir selon ses critères à elle.

Le racisme, c'est ça, et rien d'autre.



*je ne connais pas celles qui sont parlées à la périphérie de l'Europe géographique, et je n'ai pas encore eu le temps de m'instruire là-dessus donc je me contente de ce que je connais plus ou moins bien: les langues d'Europe de l'Ouest jusqu'au Caucase).

jeudi 27 février 2014

Du Père Noël et de la "race".

Cela peut sembler bien incongru, de parler dans un seul et même article de ces deux sujets apparemment bien distants.

Et pourtant, en terme de psychologie de la manipulation, on est en terrain commun.

Tous les enfants, dans les cultures chrétiennes ou baignées de chrétienté, renoncent un jour ou l'autre à leur croyance en ce personnage particulier qu'est le Père Noël.

Alors pourquoi ne renoncent-ils pas à la croyance en la "race" ?

C'est pourtant une croyance tout autant basée sur l'invention, l'imaginaire, que le personnage du Père Noël... Tous les adultes savent que le père Noël n'existe pas. Mais ils savent aussi que dans les cultures chrétiennes, il participe de la construction sociale et psychique des enfants. Le Père Noël apprend à obéir, à partager, à être gentil, à respecter les plus âgés, etc...

De même pour l'idée de "race": elle apprend des choses aux enfants...

Qu'apprend-elle ?

Qu'il y a des groupes humains avec des "rôles" particuliers. Que leur "apparence" définirait leur "caractère". Qu'un groupe humain défini comme "blanc" est supérieur aux autres, en particulier à celui défini comme "noir" de part sa supériorité intrinsèque, supposément contenue dans sa "blancheur" (donc sa pureté).

Mais contrairement à la croyance au Père Noël, la société raciste ne considère pas qu'il faut s'en défaire. Alors qu'il est tout aussi stupide en soi de croire en des "races" que de croire qu'un vieux monsieur vit au Pôle Nord et descend par les cheminées pour déposer des cadeaux au pied d'un sapin !

La société raciste ne se défait pas de la race, car elle est le moteur de nombre de ses appareils de contrôle social et politique. Elle l'est depuis l'avènement de la république, en France et aux Etats-Unis, par exemple. Elle sous-tend toutes les politiques de migrations, si importantes dans les sociétés capitalistes.
Concernant cet exemple, considérons le vocabulaire utilisé: quand un occidental (un "blanc") migre dans un autre pays, c'est un "expatrié". Quand un étranger (un "non-blanc") migre, c'est un "immigré". Même à travers le lexique, pour parler de la même chose, on a l'expression d'une "supériorité" implicite.

Alors, on peut en conclure que, comme pour la croyance au Père Noël, qu'on ne peut pas arracher d'un coup aux enfants, sous peine de les peiner, les rendre tristes ou les déstabiliser dans leur vision du monde, il faut aussi passer par une phase d'apprentissage de la vérité pour les adultes qui doivent se défaire de leur racisme acquis.

Si on les attaque de front, en leur affirmant la vérité: "les races n'existent pas", on risque de ne plus pouvoir partager quoique ce soit avec eux. C'est par le récit de faits, amenés les uns après les autres, des preuves de la non-existence des "races", qu'on peut atteindre ce but. C'est par la répétition, l'apprentissage de toutes les manières, qu'on peut le faire, tout comme les racistes ont pratiqué la répétition et la multiplicité des approches pour inculquer leur croyance.

Car un raciste ne supporte pas d'être confronté avec cette réalité traumatisante: il s'est en effet construit dans l'idée qu'il appartient à une "race". De même des gens qui n'ont à priori pas de propension à être racistes (comme les victimes du racisme elles-mêmes) peuvent se trouver déstabilisés face à l'affirmation de l'inexistence d'une référence identitaire (imposée) qui était la leur jusqu'à ce jour. Ce vide soudain dans leur définition d'eux-mêmes peut être vertigineux.

Il faut absolument trouver matière à leur reconstruire un monde, dans lequel ils ont une place qui n'est pas qu'absence. Il faut contrer le racisme avec une autre vision pour que les êtres humains qui se sont construits dans l'idée de race puissent doucement se percevoir autrement, concevoir leur appartenance au monde de manière positive et utile.

Tout comme les enfants continuent à vivre et deviennent matures en renonçant à croire au Père Noël.

mercredi 26 février 2014

Hommage à Stuart Hall

Ce sociologue qui a consacré sa carrière à déchiffrer le fonctionnement de l'idéologie raciale nous a quitté.

J'invite celles et ceux qui souhaitent approfondir leurs connaissances à lire ses articles et ouvrages en français (les quelques qui ont été traduits).

Otherwise, the possibilities in English are easily available.

mercredi 20 novembre 2013

Une journée ANTI-RACISTE... pour quoi faire ?

Samedi 30 novembre s'annonce comme une journée ANTI-RACISTE en France.

CHICHE !

Je propose qu'on réfléchisse à la manière dont fonctionne notre société française avant de se rendre aux manifestations. De préparer des petites affiches rappelant les "essentiels".

Les Français se désignent ou désignent les autres comme "noirs", "blancs", "blanches" ou "noires", très souvent (et aussi comme "arabes" et autres définition liées à l'origine géographique non "raciales"). Et le plus souvent sans réfléchir à ce que signifient ces termes bien pratiques pour classifier.

On se targue de ne pas avoir de classification raciale officielle et institutionnelle (comme les USA) mais cela n'empêche pas un bon pourcentage (95 % ?) de nous tous d'utiliser ces CONCEPTS raciaux comme si de rien n'était. Or ce sont les racines du mal: toute idéologie est fondée sur des mots, et dans le cas du racisme, pas besoin de regarder plus loin: ils sont là.

Quand on désigne quelqu'un ou on se désigne soit même par un terme racial, on affirme qu'on y croit, on perpétue cette idée, et on participe donc au "système" qui sous-tend l'exploitation de l'autre par l'affirmation d'une hiérarchie de ces "races". Car elles n'ont d'utilité quand dans leur hiérarchisation.

Quand on dit que quelqu'un est "blanc", on dit qu'il ou elle n'est pas autre chose. On le ou la fige dans une identité. Même chose pour les autres "races".

Les enfants comprennent cela très bien quand on leur demande de quelle couleur serait quelqu'un dont les parents sont "noir" et "blanc" ou "jaune" et "rouge". D'abord, ils montrent qu'on leur a déjà appris les références à la "race" puisqu'ils répondent souvent: "métis" (terme racialisé également). Quand on redit: "non, de quelle couleur". Ils comprennent et trouvent "gris", "orange".

Parfois, l'un d'eux dit: "ah mais alors c'est juste un mot pour représenter ?!" Ou bien, "ah d'accord donc c'est des concepts, pas des couleurs de peau"

Car personne n'est gris ou orange, n'est-ce pas ? Ni noir, ni blanc, ni jaune, ni rouge.

Sur le plan socio-historico-économique...

La Consitution française contient le terme "race" dans son article premier:

"La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion."
Cela sous-entend la croyance sur le plan politique en cette idéologie.

La France est ENCORE un pays colonialiste (et donc raciste) de manière institutionnelle. La France a ENCORE des colonies (qu'elle nomme officiellement Départements et Territoires d'Outre-Mer).
Une phrase du Préambule à la Constitution est d'ailleurs révélatrice quand au véritable état d'esprit de notre "République":

"En vertu de ces principes et de celui de la libre détermination des peuples, la République offre aux territoires d’outre-mer qui manifestent la volonté d’y adhérer des institutions nouvelles fondées sur l’idéal commun de liberté, d’égalité et de fraternité et conçues en vue de leur évolution démocratique."

Phrase, ou même "sentence" aux relents fortement parternalistes ! On "offre" généreusement la possibilité de devenir "démocratique" !!! Quelle générosité, n'est-ce pas ? Et dans le Préambule en plus, pour que les choses soient claires.

Alors, je sais que certains vont dire:

"oh, mais quand même, il ne faut pas exagérer !"

"on ne peut pas tout changer d'un coup"

"il faut laisser du temps au temps".

J'ai des infos pour eux: ça fait 4 siècles que ça dure.

Ce sont les racistes qui exagèrent, et on est bien capable de casser des Traités à tour de bras et d'intervenir de manière intempestive chez les autres au nom de la "pacification" et même (quelle horreur) au nom de la "réparation de l'esclavage" (Hollande à propos du Mali). Ou au nom de l'exploitation des ressources (maintenant le "management" nous a même inventé les "ressources humaines").

Donc, si nous sommes si intelligents, ouverts, démocratiques, intéressés par les Droits de l'Humain, on attend QUOI pour changer ?

Parce que le changement ne viendra que de NOUS, les soit-disants "blancs". Et s'il ne vient pas, il ne faudra pas s'étonner qu'on paie pour tout ce que nos ancêtres ont fait ET CE QUE NOUS CONTINUONS A FAIRE, sous couvert d'autres concepts, comme "l'humanitaire" (entre autres).

ça suffit de traiter les autres comme des moins que rien !

Si on est si bons et si forts, pourquoi est-ce qu'on a tant besoin de garder leurs terres sous notre domination, hein ? On ne peut pas se débrouiller tout seuls ?

Cordialement et anti-racistement.

vendredi 18 octobre 2013

"Esclaves noirs"

"Esclaves" ils ne l'étaient pas. Ils étaient Africains, habitants du continent africain, déporté par des Européens majoritairement vers les Amériques, mais aussi vers l'Europe et d'autres endroits.

"Esclaves" ils n'étaient que dans l'esprit des esclavagistes. Ce n'était ni leur nature, ni leur culture.

"Noirs" ils n'étaient pas non plus. Ils avaient la peau foncée, se définissaient et désignaient de multiples et différentes manières, qui avaient peu de choses à voir avec leur apparence physique, encore moins leur couleur.

"Noirs" ils n'étaient que dans l'esprit de ceux qui s'étaient désignés, ainsi que certains (mais pas tous) qui leur ressemblaient (même contre leur gré) comme "Blancs".

Ils n'étaient pas "esclaves" ni "noirs" quand ils quittaient leur maison, leur pays, leur peuple, leur famille.

Ils étaient des hommes et des femmes comme les autres.

Les livres d'histoire doivent cesser d'instiller cette idée qu'ils l"étaient en les désignant ainsi alors qu'ils font référence à des Africains libres.

Les enfants ne doivent plus apprendre que les Africains auraient été par "nature" ou "culture" des "esclaves noirs".

Comme aujourd'hui ils seraient des "candidats à la clandestinité". Clandestins ils ne sont pas et encore moins candidats.

L'ignominie raciste doit être dénoncée et cesser.

mercredi 16 octobre 2013

La "blanche" et le racisme

La "blanche" (un élément essentiel dans la construction du système de domination appelé "suprématie blanche", et un concept en elle-même dans ce contexte*) est souvent accusée de perpétuer et maintenir la suprématie blanche et parfois considérée comme pire que "le blanc" dans ce processus.

En effet, la "blanche" est la reproductrice officielle et nécessaire de la dite "race blanche". Sans son consentement, le concept même de "race blanche" (ou de "blanchitude" -voir Louis Sala-Molins dans "Le Code Noir ou le Calvaire de Canaan) s'évanouit.


Ce système doit donc être sans pitié avec elle. "Elle" doit obéir aux règles de la suprématie blanche (ne se reproduire qu'avec des hommes classifiés comme "blancs"). Depuis sa naissance, dans les endroits les plus racistes, on lui fait croire qu'elle tient un rôle spécial dans le développement de l'humanité (c'est souvent implicite dans les pays ayant une base raciste). On la manipule pour qu'elle se pense comme "meilleure", "plus belle" et qu'elle s'imagine que son rôle est de maintenir une sorte de supériorité morale sur les "autres" femmes.

Celles et ceux qui lui reprochent sa parfaite collaboration dans le système suprémaciste peuvent se rendre compte que c'est elle qui subit la manipulation la plus intraitable. Elle ne le reconnaît ou ne s'en rend compte que très rarement.
Pourquoi ?

Parce qu'elle en bénéficie en apparence (en tous cas matériellement). Elle est l'objet de louanges et de reconnaissance, ne serait-ce qu'à travers les médias tels que la publicité, la mode et les publications féminines. Ses congénères "autres" subissent le racisme, ses effets et ses conséquences, ce qui leur facilite paradoxalement son analyse et leur permet, quoique très difficilement, de le combattre au lieu d'y adhérer.
 

Comment rejeter la manipulation quand vous en bénéficiez ? Il est souvent impossible de s'en rendre compte dans de telles circonstances. La victime de manipulation pense que les choses sont "normales". Seuls les observateurs, surtout ceux qui souffrent des processus de manupilation de la suprématie blanche peuvent les percevoir facilement.

Ceci n'excuse en rien le "comportement de la blanche", mais l'explique.

Lorsqu'une femme classifiée comme "blanche" dans la taxonomie raciste, réalise qu'elle est utilisée comme machine reproductrice, elle a deux choix: y adhérer et collaborer, ou refuser et résister. Cela peut signifier pour elle de rejeter sa famille et ses amis. Ce n'est pas si facile. On la traitera de traitre (explicitement ou implicitement) et personne n'apprécie cela.


La suprématie blanche est une machine bien huilée à laquelle il est très difficile de résister, surtout quand on n'en est pas une victime. C'est pour cela qu'elle fonctionne si bien. Elle produit son propre carburant...


*lire "La Matrice de la Race", Généalogie sexuelle et coloniale de la Nation française. Elsa Dorlin. La Découverte/Poche, 2006,2009 pour plus de détails sur une analyse de la construction de la "femme blanche" dans la pensée raciste française.

jeudi 26 avril 2012

Denying your race. Renier votre race.

An amazing, extraordinay (really) and powerful speech by Walter Mosley. An appeal to "white people" to deny their "race" as a start to the deconstruction of racism.

Un discours extraordinaire (vraiment pas ordinaire) et puissant de Walter Mosley, auteur américain. Un appel aux "blancs" à renier leur "race" comme début de la fin du racisme...

Walter Mosley, Brooklyn Academy of Music, January 2011.

Blanc Noir Jaune Rouge

Pourquoi se faire des noeux au cerveau avec les mots que les racistes ont inventés?

Noir, blanc, jaune, rouge. 

Vous pouvez les retourner dans autant de sens que vous le souhaitez. Ils sont les boîtes dans lesquelles ils se sont mis et ont enfermés les autres.
Pour que nous oubliions notre commune humanité.

Ils les ont choisis, ces mots-ci, parce qu'ils avaient un sens (qui remontait à l'Europe du Moyen-Age).

Ils n'ont jamais été sensés définir QUI nous sommes mais CE QUE nous sommes supposés être dans LEURS esprits.

"CE QUE" parce que ce furent d'abord des mensonges, puis des définitions LEGALES. Dans les lois de la Virginie de la fin des années 1660 qui DECIDERENT que les Africains étaient "noirs" et *donc* esclaves pour toujours, et dans le Code Noir français qui établit exactement les mêmes choses.

ça fonctionne toujours, 300 ans plus tard, dans nos esprits.

Je comprends que les Afro-Américains (je considère qu'une référence géographique est plus juste qu'une référence raciale, elle s'applique à tous les Africains de la diaspora américaine) continuent à s'appeler "noirs" comme tentative de "posséder" la définition que ceux qui se sont appelés "blancs" leur avaient imposé.

Mais... cela ne change rien au fait que ces mots désignent des races et que les races sont les pierres de touche du racisme...

Pourquoi ça te gêne qu'on dise que t'es ...

noir / noire / blanc /blanche / jaune / rouge ?

On ne vous a jamais dit ça ?

Moi, si.



Alors, ma question, c'est "Pourquoi ça ne vous gêne pas, vous ?"

Pourquoi ça ne vous gêne pas, qu'on vous définisse par la race ?
Pourquoi ça ne vous gêne pas, qu'on vous applique une couleur qui n'en est pas une, qu'on vous réduise à "ça", à cet objet racial ?

Pourquoi ça ne vous gêne pas qu'on vous prenne à vous-même, et qu'on vous réifie ?

Pourquoi ça ne vous gêne pas d'être "fier de votre race" ?

Parce que, moi, ça ne me gêne pas, mais alors, pas du tout, de ne pas appartenir à une race.

Pas du tout.

Qui a dit que je devais adhérer à la pensée raciale ?
Qui a dit que c'est une obligation ?

A part les racistes ?
D'abord ceux qui ont inventé les races. Puis ceux qui les ont mises dans les lois. Puis ceux qui les ont exploitées. Puis ceux qui s'en sont dits fiers. Puis ceux qui continuent à utiliser ces termes sans même savoir de quoi ils parlent.

mardi 24 avril 2012

Ce que le racisme fait. Fait faire. L'exemple du Congo.

L'histoire de l'arrivée des Européens au Congo, avec dans la tête l'idée qu'ils sont des êtres supérieurs, permettant de justifier l'exploitation de "l'autre". 


L'histoire du Congo a été particulièrement horrible du point de vue de l'exploitation justifiée par le racisme. Le roman de Joseph Conrad, "Heart of Darkness" dépeint l'horreur de ce que les Africains de cette région très riche (en ressources) ont subi.

vendredi 9 mars 2012

Le "racisme anti-blanc"


"Racisme anti-blanc" est un oxymore. 

Le racisme anti-blanc est un non-sens. 

Dans nos sociétés (Europe, Amériques, Afrique), depuis son invention, le racisme a toujours été synonyme de suprématie blanche. 
Les Européens l'ont inventé pour ça. 

Parler de "racisme anti-blanc" n'a de sens que dans des situations de "mini pouvoir" d'un individu "non-blanc" dans une zone bien délimitée... et démontre une ignorance profonde des sociétés suprémacistes blanches qui sont propres aux endroit où les Européens ont émigré et se sont installés et à l'Europe elle-même. 

Autrement dit, tant qu'on ne se sera pas débarrassés de la domination du "blanc", on sera toujours dans le racisme tel qu'il a été voulu par ces mêmes "blancs".

Raconter l'histoire et expliquer les faits tels qu'ils se sont déroulés (dans un contexte raciste), ce n'est pas être "raciste anti-blanc", c'est dévoiler le racisme qui suppose la supériorité "raciale" du "blanc auto-défini". L'Historien qui se comporte en véritable scientifique n'est pas "raciste", il analyse le "racisme". Nuance.

Tout comme parler de racisme ne le crée pas, il existait avant.

mercredi 7 mars 2012

Time flies...

Hi visitors, 
time flies... and I haven't been able to work on the ten or so posts that I have started. But it will come. Gush all at once...
Here are the themes I am working on: "colors or races ?", "racism and/or hatred", "what is racism ?", "the Mysteries of Egypt", "Disney and racism", "racism or not ?"


Bonjour chers visiteurs et visiteuses, 
le temps passe tellement vite... Je n'ai pas trouvé le temps de travailler sur les dix ou plus articles que j'ai commencé. Ils vont tous arriver... en même temps.
Voici les thèmes que je prépare: "couleurs ou races ?", "racisme et/ou haine ?" "le racisme, c'est quoi ?", "Les Mystères de l'Egypte", "Disney et le racisme", "racisme ou pas ?"

Dean Atta's Nobody's Nigger traduction en français


Traduit par moi, traduction personnelle, non officielle. 
Postée après autorisation de Dean Atta. 

I Am Nobody's Nigger. (Je ne suis pas ton Négro)
Ne m'appelle pas Négro.

Rappers when you use the word "nigger" remember that's one of the last words Stephen Lawrence* heard, so don't tell me it's a reclaimed word.

Rappeurs, quand vous utilisez le mot “négro”, souvenez-vous que c'est le dernier mot que Stephen Lawrence a entendu, alors ne me dites pas que c'est un mot qui vous appartient.

I am nobody's nigger
Ne m'appelez pas négro
So please, let my ancestors rest in peace
S'il vous plaît, laissez mes ancêtres reposer en paix
Not turn in their graves in Jamaica plantations
Ils vont se retourner dans leurs tombes des plantations de Jamaïque
Or the watery graves of the slave trade
Ou dans les fosses remplies d'eau du Commerce triangulaire
Thrown overboard into middle passage
Jetés par dessus bord pendant la traversée
Just for insurance claims
Pour réduire les frais d'assurance
They were chained up on a boat
Enchaînés sur un navire
As many as they could manage and stay afloat
Autant qu'on pouvait y charger sans couler
Stripped of dignity and all hope
On leur avait arraché leur dignité et enlevé tout espoir
Awaiting their masters and European names
On allait leur donner des noms européens
But the sick and the injured were dead weight to toss
Mais les malades et les blessés, c'était du poids mort
And Lloyds of London would cover that cost.
Et la compagnie Lloyds** de Londres ne couvrirait pas ce coût-là.

I am nobody's nigger
Ne m'appelez pas négro
So you can tell Weezy and Drake
Vous pouvez dire à Weezy et Drake
That they made a mistake
Qu'ils se sont trompés
I am nobody's nigger now
Tu as compris ? Ne m'appelle pas négro
So you can tell Kanye and Jigga
Tu peux dire à Kanye et Jigga
I am not a nigger... in Paris
M'appelle pas négro... à Paris
I'm not a nigger in London
M'appelle pas négro à Londres
I'm not a nigger in New York
M'appelle pas négro à New York
I'm not a nigger in Kingston
M'appelle pas négro à Kinsgton
I'm not a nigger in Accra
M'appelle pas négro à Accra
Or a nigger with attitude in Compton
M'appelle pas négro stylé à Compton
Cos "I don't wanna be called yo nigga"
Parce que “je ne veux pas qu'on m'appelle “hé négro””***


How were you raised on Public Enemy
Comment as-tu pu grandir en écoutant Public Enemy
And still became your own worst enemy?
Et quand même devenir ton pire ennemi ?
You killed Hip Hop and resurrected headless zombies
T'as tué le Hip Hop et fait ressurgir des zombies sans tête
That can't think for themselves or see where they're going
Et sans cerveau et qui vont droit dans le mur
Or quench the blood lust because there's no blood flowing
Qui ne peuvent assouvir leur soif de sang parce que la vie est partie
In their hearts, just in the streets
De leurs coeurs, juste dans la rue
They don't give a damn as long as they eating
Ils s'en foutent tant qu'ils ont quelque chose à manger
Their hearts ain't beating, they're cold as ice (bling)
Leurs coeurs ne battent pas, ils sont froids comme la glace (bling)
Because they would put money over everything
Parce qu'il placent l'argent avant tout autre chose
Money over self respect or self esteem
L'argent avant le respect de soi et leur amour-propre
Or empowering the youth to follow their dreams
Oublient de s'occuper des jeunes qui ont encore des rêves
Stacking paper cos it's greater than love it seems
Ils entassent les billets, on dirait que c'est plus fort que l'amour
Call me "nigger" cos you're scared of what "brother" means
Appelle-moi “négro” parce que tu as peur de ce que “frère” veut dire

To know that we share something unspeakable
De savoir qu'on partage quelque chose d'indicible
To know that as high as we rise we are not seen as equal
De savoir qu'aussi haut qu'on parvienne, on n'est toujours pas perçu comme égal
To know that racism is institutional thinking
De savoir que le racisme, c'est de la pensée institutionnelle

And that "nigger" is the last word you heard before a lynching.
Et que “négro”, c'est le dernier mot que tu as entendu avant d'être lynché.

Released by: Dean Atta
Release/catalogue number: TCABD1247656
Release date: Jan 20, 2012
ISRC: 85-970-75-42630

** Lloyds est une compagnie d'assurance anglaise créée en 1688 comme beaucoup d'autres grande compagnie européennes, banques incluses, qui ont prospérées grâce à la traite transatlantique et l'esclavage aux Amériques.
*** “I don't wanna be called no nigga” est une chanson du groupe de hip hop Public Enemy.


mercredi 29 février 2012

C'est pas nous, c'est "eux".

Ou la technique du retournement pour détourner le regard des coupables et accuser les victimes.

L'agression verbale contre le couple Montebourg-Pulvar et les réactions à cette agression de la part de Mme Le Pen et des sympathisants d'extrême droite est révélatrice d'une attitude assez fréquente.

Mme Le Pen a qualifié "d'ignoble" la réaction de M. Montebourg et Mme Pulvar, qui ont expliqué qu'ils pensaient que leurs agresseurs étaient des sympathisants du Front National vu qu'ils ont crié "la France Bleu Blanc Rouge" et "Le Pen présidente".

C'est assez typique. On retourne l'ignominie contre les victimes ! De quoi se plaignent-ils ? Les vraies victimes, ce serait les pauvres petits Français ("blancs", bien sûr). C'est bien connu, les victimes du racisme, ce n'est pas ceux qu'on croit.

Après les déclarations sur l'inégalité des civilisations (pour ne pas dire "races", qui serait puni par la loi) de M. Guéant, face aux réactions indignées, les "ténors de la droite" en ont allègrement rajouté en criant aux "attaques indignes" de la gauche !