vendredi 25 avril 2014

Le racisme, ce n'est pas de la haine

La haine, c'est une des conséquences du racisme.

Le racisme est une idéologie, pas un sentiment.

C'est une idéologie qui est encore aujourd'hui appliquée à travers des lois et des systèmes politiques.

Une idéologie à laquelle souscrivent des groupes organisés, mais aussi des "gens", qui savent ou ne savent pas qu'ils sont racistes, mais qui "croient" aux idées qu'on leur a inculqué à travers, par exemple, le système scolaire de leur pays.

Une idéologie, ça se combat politiquement. ça nécessite des réformes, c'est à dire des lois qui améliorent les choses. Qui permettent de sanctionner les citoyens qui se comportent de manière raciste envers les autres. Mais quand des sociétés entières se sont construites sur l'idée que leur "nation" correspond à une "race", cela devient très compliqué parce qu'il faut alors remettre en cause tout les concepts qui sont à l'origine du mode de fonctionnement de cette société.

Nous en sommes là en France. Nous avons un président qui avait promis, par exemple, de fait supprimer le mot "race" de  la Constitution. Il y est toujours. Le sous-entendu est qu'on ne veut pas se débarasser de l'idée... On a bien du mal en tous cas.

Si on se débarasse de l'idée, de la notion de "race", on aura déjà fait un grand pas vers la réduction des expressions de haine liées à cette idée.

Lectures pour étoffer les idées:

Dorlin Elsa, La matrice de la race. Généalogie sexuelle et coloniale de la Nation française. Paris, La Découverte, 2009 (2006)


Citron Suzanne, Le Mythe national. L'Histoire de France revisitée. Paris, Les Editions de l'Atelier/ Editions Ouvrières, 2008

vendredi 28 février 2014

Afro/Negro-phobie... Euro-arnaque ?

Attention aux arnaques conceptuelles...



La nouvelle, c'est "l'afrophobie" ou la "négrophobie". En lieu et place du racisme ?


Une phobie, ce n'est pas un délit, ce n'est même pas une idéologie. Donc ce n'est pas condamnable.

C'est "juste" une maladie...

ça ne se légifère pas, on peut "juste" essayer de soigner les "pauvres malades".

Mais les traduire devant un tribunal pour "afrophobie"/ "négrophobie" ?

Pas possible.

Attaquer l'afrophobie devant la justice ? 


Pas possible, puisque ce n'est pas défini légalement.

Cette translation habile et rusée du racisme (idéologie condamnable car érigée autrefois en Loi, et aujourd'hui condamnable comme Délit) n'est pas un élément de "l'arsenal législatif européen".

Les "bonnes âmes" et éventuellement les "psy" vont la combattre.

Mais comment faire quand les psy eux mêmes en souffrent ?




Merci à Nzwamba Simanga d'Uhem Mesut de pointer les choses essentielles...

Le racisme, c'est quoi ?

Ces derniers temps, ça recommence. Les tentatives de noyer le poisson. De créer la confusion pour qu'on s'occupe de tout, sauf de l'essentiel.


Comme de créer un nouveau terme: l'afrophobie... et quand on cherche bien, on retombe sur: racisme.
Le racisme, c'est quoi ?

Pour commencer, c'est singulier. Ce n'est pas pluriel. Il n'y a pas "des racismes". Tout comme il n'y a pas "des humanités".

Le racisme a des origines bien précises, et des raisons d'être tout aussi précises.

Il postule l'existence de "races" humaines.

C'est à dire que le premier effet de cette notion est de SEPARER implicitement. S'il y a des "races", c'est que nous sommes différents intrinsèquement, biologiquement. C'est ce qu'on appelle l'essentialisation de la race.

Première confusion: certains pensent que nier l'existence des "races", c'est nier les "différences". Les différences d'apparences, culturelles ou géographiques, par exemple.

C'est une des techniques favorites des racistes ou des racistes qui s'ignorent pour jeter la confusion dans le débat.

Or, quand nous parlons de "différences", nous ne parlons PAS de "races".

Nous parlons de différence de couleur de peau, ce qui n'est PAS la même chose que la "race".

C'est une des plus belles réussites des racistes: celle d'avoir réussi à trouver des concepts qui semblent se confondre avec la couleur de peau: blanc, noir, jaune, rouge.


Or, si on observe bien, personne n'a la peau de ces couleurs. La peau des êtres humains varie du brun très foncé au beige très clair.

Si on considère "blanc", "noir", "jaune" et "rouge" comme des couleurs de peau, alors dites-moi:

où commence et finit le "blanc" ?
où commence et finit le "jaune" ?
où commence et finit le "rouge" ?
où commence et finit le "noir" ?

Il y a même des gens qui se sont amusés à déterminer les "nuances" de "noir", nuances de "blanc"!

Et personne n'y voit un problème ?

Bref, tout cela pour dire qu'on ne parle pas de couleur de peau, mais de concepts/ notions liés apparemment à l'apparence, qui sont en fait des termes qui contiennent un SENS, quand on parle de "races".

Dans les langues européennes*, le blanc, le noir, le jaune et le rouge étaient (et sont toujours) fortement connotés.

Les appliquer (littéralement, comment une couche de peau en plus) à des humains agi(ssa)it de manière à transférer le sens de la couleur à l'humain en question. Ce qu'on retrouve dans les définitions des "caractères" liés aux 4 "races" par les taxonomistes et autres naturalistes qui ont différencié et classifié les races (pour en trouver une certain nombre, souvent supérieur à 4) au 18è et 19è siècles en particulier.


Quand nous parlons de différences, nous ne parlons pas de "races".

Nous parlons de différences culturelles, religieuses, etc, liées à des apprentissages, et pas des choses innées.

Les racistes dit "scientifiques" ont également tenté de lier les "races" à des caractéristiques autres que physiques ou d'apparence. Ils ont tenté de généraliser à des "types" humains, surtout en fonction de ce qui leur était utile pour justifier les agissements qui ont accompagné le développement du racisme: l'esclavage, le colonialisme, le tout sur fond de capitalisme.

Le procès qui consiste à attaquer celles et ceux qui combattent le racisme en arguant du fait qu'il faut "respecter les différences" est fondamentalement marqué par une acceptation du racisme. Il se double très souvent d'un strabisme intellectuel qui consiste à multiplier les racismes jusqu'à ce qu'on ne s'y retrouve plus, et SURTOUT: jusqu'à ce qu'on oublie ce qu'est le racisme !

Le racisme, c'est:

1 - l'invention de "races" humaines basées sur l'application habile de "couleur" qui n'en sont pas à des groupes humains, qu'on définit en sus comme homogènes, c'est à dire qu'on y voit des humains "tous pareils", qui "se ressemblent tous".

2 - l'idée qu'une de ces "races", celle qui s'est inventée elle-même et qui a inventé les "autres"; la "blanche", serait SUPERIEURE aux autres, et en particulier à la "noire". Et que de part cette supériorité supposément intrinsèque, elle aurait tous les droits sur les autres "races". Y compris de les définir selon ses critères à elle.

Le racisme, c'est ça, et rien d'autre.



*je ne connais pas celles qui sont parlées à la périphérie de l'Europe géographique, et je n'ai pas encore eu le temps de m'instruire là-dessus donc je me contente de ce que je connais plus ou moins bien: les langues d'Europe de l'Ouest jusqu'au Caucase).

jeudi 27 février 2014

Du Père Noël et de la "race".

Cela peut sembler bien incongru, de parler dans un seul et même article de ces deux sujets apparemment bien distants.

Et pourtant, en terme de psychologie de la manipulation, on est en terrain commun.

Tous les enfants, dans les cultures chrétiennes ou baignées de chrétienté, renoncent un jour ou l'autre à leur croyance en ce personnage particulier qu'est le Père Noël.

Alors pourquoi ne renoncent-ils pas à la croyance en la "race" ?

C'est pourtant une croyance tout autant basée sur l'invention, l'imaginaire, que le personnage du Père Noël... Tous les adultes savent que le père Noël n'existe pas. Mais ils savent aussi que dans les cultures chrétiennes, il participe de la construction sociale et psychique des enfants. Le Père Noël apprend à obéir, à partager, à être gentil, à respecter les plus âgés, etc...

De même pour l'idée de "race": elle apprend des choses aux enfants...

Qu'apprend-elle ?

Qu'il y a des groupes humains avec des "rôles" particuliers. Que leur "apparence" définirait leur "caractère". Qu'un groupe humain défini comme "blanc" est supérieur aux autres, en particulier à celui défini comme "noir" de part sa supériorité intrinsèque, supposément contenue dans sa "blancheur" (donc sa pureté).

Mais contrairement à la croyance au Père Noël, la société raciste ne considère pas qu'il faut s'en défaire. Alors qu'il est tout aussi stupide en soi de croire en des "races" que de croire qu'un vieux monsieur vit au Pôle Nord et descend par les cheminées pour déposer des cadeaux au pied d'un sapin !

La société raciste ne se défait pas de la race, car elle est le moteur de nombre de ses appareils de contrôle social et politique. Elle l'est depuis l'avènement de la république, en France et aux Etats-Unis, par exemple. Elle sous-tend toutes les politiques de migrations, si importantes dans les sociétés capitalistes.
Concernant cet exemple, considérons le vocabulaire utilisé: quand un occidental (un "blanc") migre dans un autre pays, c'est un "expatrié". Quand un étranger (un "non-blanc") migre, c'est un "immigré". Même à travers le lexique, pour parler de la même chose, on a l'expression d'une "supériorité" implicite.

Alors, on peut en conclure que, comme pour la croyance au Père Noël, qu'on ne peut pas arracher d'un coup aux enfants, sous peine de les peiner, les rendre tristes ou les déstabiliser dans leur vision du monde, il faut aussi passer par une phase d'apprentissage de la vérité pour les adultes qui doivent se défaire de leur racisme acquis.

Si on les attaque de front, en leur affirmant la vérité: "les races n'existent pas", on risque de ne plus pouvoir partager quoique ce soit avec eux. C'est par le récit de faits, amenés les uns après les autres, des preuves de la non-existence des "races", qu'on peut atteindre ce but. C'est par la répétition, l'apprentissage de toutes les manières, qu'on peut le faire, tout comme les racistes ont pratiqué la répétition et la multiplicité des approches pour inculquer leur croyance.

Car un raciste ne supporte pas d'être confronté avec cette réalité traumatisante: il s'est en effet construit dans l'idée qu'il appartient à une "race". De même des gens qui n'ont à priori pas de propension à être racistes (comme les victimes du racisme elles-mêmes) peuvent se trouver déstabilisés face à l'affirmation de l'inexistence d'une référence identitaire (imposée) qui était la leur jusqu'à ce jour. Ce vide soudain dans leur définition d'eux-mêmes peut être vertigineux.

Il faut absolument trouver matière à leur reconstruire un monde, dans lequel ils ont une place qui n'est pas qu'absence. Il faut contrer le racisme avec une autre vision pour que les êtres humains qui se sont construits dans l'idée de race puissent doucement se percevoir autrement, concevoir leur appartenance au monde de manière positive et utile.

Tout comme les enfants continuent à vivre et deviennent matures en renonçant à croire au Père Noël.

mercredi 26 février 2014

Hommage à Stuart Hall

Ce sociologue qui a consacré sa carrière à déchiffrer le fonctionnement de l'idéologie raciale nous a quitté.

J'invite celles et ceux qui souhaitent approfondir leurs connaissances à lire ses articles et ouvrages en français (les quelques qui ont été traduits).

Otherwise, the possibilities in English are easily available.

mercredi 20 novembre 2013

Une journée ANTI-RACISTE... pour quoi faire ?

Samedi 30 novembre s'annonce comme une journée ANTI-RACISTE en France.

CHICHE !

Je propose qu'on réfléchisse à la manière dont fonctionne notre société française avant de se rendre aux manifestations. De préparer des petites affiches rappelant les "essentiels".

Les Français se désignent ou désignent les autres comme "noirs", "blancs", "blanches" ou "noires", très souvent (et aussi comme "arabes" et autres définition liées à l'origine géographique non "raciales"). Et le plus souvent sans réfléchir à ce que signifient ces termes bien pratiques pour classifier.

On se targue de ne pas avoir de classification raciale officielle et institutionnelle (comme les USA) mais cela n'empêche pas un bon pourcentage (95 % ?) de nous tous d'utiliser ces CONCEPTS raciaux comme si de rien n'était. Or ce sont les racines du mal: toute idéologie est fondée sur des mots, et dans le cas du racisme, pas besoin de regarder plus loin: ils sont là.

Quand on désigne quelqu'un ou on se désigne soit même par un terme racial, on affirme qu'on y croit, on perpétue cette idée, et on participe donc au "système" qui sous-tend l'exploitation de l'autre par l'affirmation d'une hiérarchie de ces "races". Car elles n'ont d'utilité quand dans leur hiérarchisation.

Quand on dit que quelqu'un est "blanc", on dit qu'il ou elle n'est pas autre chose. On le ou la fige dans une identité. Même chose pour les autres "races".

Les enfants comprennent cela très bien quand on leur demande de quelle couleur serait quelqu'un dont les parents sont "noir" et "blanc" ou "jaune" et "rouge". D'abord, ils montrent qu'on leur a déjà appris les références à la "race" puisqu'ils répondent souvent: "métis" (terme racialisé également). Quand on redit: "non, de quelle couleur". Ils comprennent et trouvent "gris", "orange".

Parfois, l'un d'eux dit: "ah mais alors c'est juste un mot pour représenter ?!" Ou bien, "ah d'accord donc c'est des concepts, pas des couleurs de peau"

Car personne n'est gris ou orange, n'est-ce pas ? Ni noir, ni blanc, ni jaune, ni rouge.

Sur le plan socio-historico-économique...

La Consitution française contient le terme "race" dans son article premier:

"La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion."
Cela sous-entend la croyance sur le plan politique en cette idéologie.

La France est ENCORE un pays colonialiste (et donc raciste) de manière institutionnelle. La France a ENCORE des colonies (qu'elle nomme officiellement Départements et Territoires d'Outre-Mer).
Une phrase du Préambule à la Constitution est d'ailleurs révélatrice quand au véritable état d'esprit de notre "République":

"En vertu de ces principes et de celui de la libre détermination des peuples, la République offre aux territoires d’outre-mer qui manifestent la volonté d’y adhérer des institutions nouvelles fondées sur l’idéal commun de liberté, d’égalité et de fraternité et conçues en vue de leur évolution démocratique."

Phrase, ou même "sentence" aux relents fortement parternalistes ! On "offre" généreusement la possibilité de devenir "démocratique" !!! Quelle générosité, n'est-ce pas ? Et dans le Préambule en plus, pour que les choses soient claires.

Alors, je sais que certains vont dire:

"oh, mais quand même, il ne faut pas exagérer !"

"on ne peut pas tout changer d'un coup"

"il faut laisser du temps au temps".

J'ai des infos pour eux: ça fait 4 siècles que ça dure.

Ce sont les racistes qui exagèrent, et on est bien capable de casser des Traités à tour de bras et d'intervenir de manière intempestive chez les autres au nom de la "pacification" et même (quelle horreur) au nom de la "réparation de l'esclavage" (Hollande à propos du Mali). Ou au nom de l'exploitation des ressources (maintenant le "management" nous a même inventé les "ressources humaines").

Donc, si nous sommes si intelligents, ouverts, démocratiques, intéressés par les Droits de l'Humain, on attend QUOI pour changer ?

Parce que le changement ne viendra que de NOUS, les soit-disants "blancs". Et s'il ne vient pas, il ne faudra pas s'étonner qu'on paie pour tout ce que nos ancêtres ont fait ET CE QUE NOUS CONTINUONS A FAIRE, sous couvert d'autres concepts, comme "l'humanitaire" (entre autres).

ça suffit de traiter les autres comme des moins que rien !

Si on est si bons et si forts, pourquoi est-ce qu'on a tant besoin de garder leurs terres sous notre domination, hein ? On ne peut pas se débrouiller tout seuls ?

Cordialement et anti-racistement.

mardi 22 octobre 2013

"Black slaves"

They were not "slaves". They were Africans, lived on the African continent, were deported by Europeans -mostly- to the Americas, but also to Europe and other places.

There were "slaves" only in the mind of the slavers. It wasn't their nature, it wasn't their culture.


They were not "black". Their skin was dark, they defined and designated themselves and each other in various and different manners, which didn't have much to do with physical appearance, or skin color.


They were "black" only in the mind of those who designated themselves and others (but not all, depending on the benefit they got from it) who looked like them as "whites".

They were not "slaves" or "black" when they left their house, their country, their people, their family.

They were men and women, children and parents.


History books must stop spreading that idea that they were slaves while they are referring to free Africans.

Children must not learn that Africans were supposedly "black slaves" by "nature" or by "culture".

In the same way as today Africans who migrate to Europe are deemed "clandestine" even before they have left the shores of Africa or their village or city. They are not "clandestine" and don't want to be.

Racist ignominy must be denounced and must cease. It has been going on for too long.