mardi 19 février 2019

Ce pays

Nous vivons donc dans un pays où un parti “socialiste” moribond tente de se refaire une santé en soutenant un philosophe (?) qui ne supporte pas que les autres s’expriment -“Mais taisez-vous”- tout en ayant le droit d’exprimer un racisme profond et assumé à longueur d’émissions de radio et de télévision (les siennes et celles des autres).

Nous vivons dans un pays où, pour tenter de décrédibiliser tout un mouvement populaire, des journalistes profitent d’un imbécile en gilet jaune face à un philosophe réjoui de voir que ses provocations continuelles ont atteint leur but et vont se retourner contre les cibles qu’il avait visées.

Nous vivons dans un pays qui se mobilise (en apparence, par médias interposés - intrigant oxymore) pour défendre un philosophe qui nie le sort fait à ses citoyens “non-blancs”, donc Arabes, Afro-descendants et d’origine asiatique (selon l’acception occidentale de “l’Asie”) pour mieux se faire plaindre et plaindre un autre pays qui n’écoute pas, lui-même, ces propres citoyens Objecteurs de Conscience qui lui hurlent, à coup de visites guidées des territoires qu’il occupe, que son âme est en train de se consumer.

Nous vivons dans un pays où nos concitoyens non-blancs (surtout ceux qui furent placés en bas de l’échelle des “races” par nos “scientifiques (?) prestigieux” aux 19ème siècle) hurlent leur douleur face aux mauvais traitements de toutes sortes, face au racisme systémique, face aux assassinats d’Etat, car commis par des fonctionnaires détenteurs du droit de tuer. Un pays qui n’a jamais abrogé le Code Noir et où des “représentants du peuple” demandent de criminaliser la critique d’un autre état au nom de sa construction sur des bases religieuses, tandis qu’ils brandissent l’étendard de la laïcité pour mettre en avant une autre religion, au prétexte de les défendre toutes dans leur propre pays. 

Nous vivons dans un pays qui maintient certaines de ses anciennes colonies sous son joug, par moyen d’une monnaie obsolète qui empêchent ses pays de se construire, un pays qui reproche ensuite aux citoyens de ces pays de venir trouver de quoi mieux vivre ici.

Nous vivons dans un pays où un ancien premier ministre, aujourd’hui poursuivi pour avoir volé de l’argent public, s’est permis de nier sur le sol d’un de ces pays, que la France y ait jamais massacré quiconque, alors qu’un de ses prédécesseurs l’avait expliqué en ricanant devant des caméras, lui-même jamais inquiété par l’Injustice française, pour les massacres qu’il avait fait perpétrer à l’armée française à coup de napalm et de gaz, de décapitations, empoisonnements et déplacements de populations. 

Nous vivons dans un pays où un ministre de la défense nie, devant une commission parlementaire, que des “coopérants” français (12 seulement d’après lui dans ce pays !) maintiennent au pouvoir un dictateur de 36 ans au moins, face à un candidat gagnant à la présidentielle, juriste international, qui est aujourd’hui au cachot dans son propre pays.

Nous vivons dans un pays qui se permet de donner des leçons tout en piétinant chaque jour les principes qu’il a fait inscrire dans le marbre.

Nous vivons dans un pays où "racisme" n'est pas assez grand pour ne pas être accompagné de "anti-sémitisme".
(deposit photos.com)

Nous vivons dans un pays qui se moque du Monde.

samedi 3 juin 2017

Racisme Nucléaire

Il faut sortir du paradigme de la race, mais pas avant d'avoir réparé les dégâts. Donc ce n'est pas demain la veille, mais il faut bien commencer un jour. 

1) toutes les personnes conscientes doivent dénoncer le fondement du racisme: le concept de race. Il ne doit y avoir aucune concession là-dessus du côté de ceux qui sont définis comme "blancs" dans les sociétés racistes , mais ne se pensent pas comme blancs et sont à même de s'exprimer sur le sujet. 
Ce sont alors des “traitres à la race” et ils/elles doivent savoir qu'ils/elles en subiront des conséquences (perte ponctuelle et très partielle de privilèges) qui n’ont cependant rien à voir avec ce que vivent les "non-blancs", parce qu’ils/elles auront toujours la possibilité de “redevenir blancs”: ils seront toujours perçus ainsi -et les bienvenus dans ce cas-, car les traîtres à la race sont le miroir de la possibilité de la destruction de ce système. Un retour au bercail est la garantie de la pérennité du système.

2) Ces personnes doivent en même temps (cette théorie de la race est une véritable saloperie) accepter de fonctionner avec la "race", car les personnes non définies comme "blanches" la subissent de plein fouet dans tous les domaines de leur vie, et ce, génération après génération.

Donc, on doit à la fois travailler à la suppression de la race comme concept (changement de paradigme) ET considérer qu'elle est un fait dans le fonctionnement de notre société, sinon on nie les assauts de cette dernière sur ses membres non blancs.

3) Une autre raison de travailler à la suppression et au remplacement de l'idée de race est tout simplement le besoin de survivre (pour l'humanité). 
La race et sa conséquence, la suprématie blanche (car seuls les personnes se pensant blanches sont racistes, les autres ne peuvent pas l'être car elles savent bien qu'elle subissent le racisme et ne possèdent pas le carburant racial, n'étant pas classifiées comme blanches, pour être racistes, c’est à dire agir comme rouage raciste dans le système suprémaciste). Ces personnes "blanches" sont le moteur de la destruction de notre univers proche: la Terre et la vie qui se trouve dessus (maintenant également l'espace qui l'entoure) !!

La suprématie blanche a été et est toujours le moteur des idées et applications destructrices qui reflètent l'arrogance sans limite (littéralement) des systèmes de pensée suprémacistes: le capitalisme, le nucléaire, les méthodes de coercition de la nature pour la faire produire plus (pétro-chimie, agro-chimie, bio-chimie, nano-technologies, modifications génétiques, etc...) pour le seul profit financier et donc la satisfaction narcissique des blancs et de leur alliés "blanc honorifiques" (comme les Japonais en Afrique du Sud de l'Apartheid ou les "hautes" castes indiennes), en particulier ceux qui descendent de lignées se voyant comme "élues par Dieu" (nombreux Chrétien, Juifs ou Musulmans) ou de "sang bleu" (descendants des Aristocrates/ familles dites "nobles") ou serviteurs de la Main Invisible du système financier dominant. 

Prenez pour exemple le nucléaire: regardez la carte des utilisateurs et producteurs de ce système. Ce sont les Eurasiatiques, comme disent les penseurs de la Renaissance Africaine, qui m’ont fait remarquer il y a quelques années que les Européens et les Asiatiques ont en général un fonctionnement similaires, les Européens (c’est mon avis) étant quelques niveaux d’idéologisme racial (la maladie mentale et politique résultant de la pensée raciale) en avant (en pas en avance) des Asiatiques. 

Combien de centrales nucléaires et leurs à-côtés militaires en Afrique et en Amérique du Sud? Combien en Amérique du Nord, en Europe et en Asie (voir ceux qui souhaitent aujourd’hui y accéder)? 


(source: wikipédia)

Le nucléaire est particulièrement représentatif de cette folie jusqu’au-boutiste liant pensée capitaliste, raciste et scientifique à l’occidentale. On SAIT que le nucléaire est ingérable. On SAIT que les déchets vont polluer la planète et donc nous-même ad vitam aeternam (à l’échelle humaine). On SAIT que s’acharner dans ce domaine est financièrement impossible. On SAIT qu’on est déjà en train de détruire des parties de la terre avec la radioactivité produite qui se diffuse et imprègne les écosystèmes (Fukushima et le Pacifique, Tchernobyl et l’Europe, les centrales et les zones de déchets américaines qui fuient et fument par tous les bouts, la France qui clame que ses frontières arrêtent les isotopes et qui fait tout pour connaître dans un proche avenir un accident sur son sol.) Mais ce n’est pas grave! Comme me l’a dit un jour un jeune de 14 ans: “oh mais madame si y’a une centrale qui pète en France, on ira tous en Afrique!” A quoi j’ai répondu: “Bien j’espère bien qu’ils ne seront pas si bêtes de nous accueillir et qu’en bons francophones ils vont nous chanter la Cigale et la Fourmi”. 

Donc on SAIT tout ça, mais on continue quand même. On sait que le racisme est un système horrible, mais on continue à l’appliquer, malgré nos principes maintes fois chantés et imprimés. On sait que le capitalisme est un système mortifère, mais on ne l’abandonne pas. On sait que les religions dites révélées ne sont que des réflexions de notre narcissisme aigu (nous serions à la fois à l’image de Dieu ET élus par Dieu !), mais on continue à clamer que celles-ci vont faire le bien ! 

Bref, nous sommes FOUS. Mais dans le cadre d'un système idéologique avec des idées appliquées politiquement. Ce qui est encore plus fou.



mercredi 4 mars 2015

"Qu'est-ce qu'ils sont beaux ces métis !"

un objet de beauté. Parce qu'ils ne sont pas "vraiment noirs"? Pas "vraiment blancs?"

Ceux qui admirent le "métissage" savent-ils ce que cela signifie?

Métis, ça veut dire bâtard, mélangé. C'est juste une manière qui paraît plus symphatique de le dire. Les racistes qui ne s'ignorent pas passent directement à la catégorie péjorative.

Nous sommes tous des mélanges, parce que nous sommes tous le produits de la reproduction sexuée de nos parents.

Mais le terme métis fait référence au mélange de "races".

Les métis, selon cette grille de lecture, seraient "beaux". Tous ? Ah bon ?

Et les métis vieux, alors ? Non, eux, ils sont "noirs".

Et les métis trisomique ? J'en connais un, il n'est pas très beau, mais il est super sympa. Et il a de l'humour et il ne vaut mieux pas qu'il te choisisse comme cible, parce qu'il te dira tes quatre vérités.

Et les métis foncés? Ben eux ils sont jamais métis. Ils sont directement "noirs".

Et les métis clairs ? Alors là, c'est dur, on les tire de tous les côtés, on essaye de les mettre ici, là et dans les deux à la fois. Et on veut tous décider à leur place de CE qu'ils sont. Et du coup on oublie qu'ils sont QUELQU'UN avant d'être quelque chose.

Et les métis pas beaux ? (chacun ses goûts, il y a des gens qu'on trouve "beaux" ou "pas beaux", c'est très subjectif, la beauté). Ils y a des gens qui ont des parents d'origine différentes qui ne sont PAS beau.



Half-white Half-black

What happens in people's heads when they state such things as "so and so is half-black and half-white"?

To me, that's grey.

But of course, they don't mean that.

I wonder what kinds of images travel in their heads?

It's like this idea that people are "between" two cultures.

As if things were that binary.

Sometimes, they even use percentages ! 25% this, 25% that, and 50% the rest.

Nature doesn't work this way. Neither does Culture.

You would think that our societies, which make sure our children "learn science", and learn to think scientifically, would produce more reasonable and intelligent analysis of WHO we are...

C'est du passé tout ça ! (et... "Non à la repentance")

Il paraît qu'on a déjà réglé son compte au racisme.

Il paraît qu'il n'est plus nécessaire d'en parler, que tout a déjà été fait, que tout le monde sait ce que c'est.

Apparemment, en cours d'Histoire, il y a plus d'un paragraphe sur la théorie de la race et ses conséquences.

Il paraît qu'insister pour en parler, serait moralement inacceptable, un appel à la repentance.



Alors, de deux choses l'une, soit on ne vit pas dans le même monde, soit nous sommes entourés d'hypocrites doublés d'ignorants.

C'est sûr que ça doit être difficile de se regarder en face. Surtout quand on se croit "blanc".

"S'il y a du racisme, c'est la faute de ..."

... "ceux qui en parlent."
... "ceux qui viennent chez nous."
... "ceux qui ne veulent pas s'assimiler" (qui ne veulent pas "être comme nous")
... "ceux qui accusent toujours "les blancs" d'être racistes".
...

Ou, comment accuser les victimes de racisme ou ceux qui le combattent de l'avoir créé.

Ou de le créer.

Ou de le re-créer.

Pourtant les racistes savent bien qu'ils sont racistes, non ? Apparemment non.

The usefulness of whiteness and the paradox of blackness

Those who think of themselves and others who look like them as "white" get upset when they are told that they are not white. 

They are indeed aware of the usefulness of the concept they use to define themselves. Losing it means losing a form of power.

The proponents of whiteness get very upset when a person who "should" behave as "white" chooses not to do so *. They know it is a danger posed to the artificial unity of the "white race". 

In many cases, they are not even aware of any concept behind the word. They were taught to think of it as "skin color", which it is not. It is absolutely not the expression of nature but rather of ideology and culture. 

As the societies they live in have taught them to believe that "whiteness" is natural, it is extremely destabilizing for them to be reminded or told that "white" is a racist notion. (It is just as destabilizing to learn that Christopher Columbus was an invader and a slaver).

"Whiteness" is a belief that holds societies together, that would otherwise explode due to their extreme social violence. In the US, the epitome of such societies, violence is expressed through the hypocritical reference to the 2nd Amendment of the Constitution to justify the "right" to own and use a gun. 

In France, where things are usually expressed in a more subtle way, it is the reference to the Enlighment ("Les Lumières", literally, "the Lights") that keeps the French united behind another type of hypocrisy. Most French people actually believe in the superiority of their "mode of thinking" and their "right" to impose "Human Rights" (les Droits de l'Homme) which the Enlighment unilaterally designed as "universal". 



"Blackness", as a mirroring concept to whiteness, appears in societies where "whiteness" is the dominant ideology. The concept of blackness thus is a tool that dark-skinned people (mostly Africans and descendants of Africans, but also others) find themselves having to use to counteract the ideology of whiteness and its expressions in the system of white supremacy. 

Blackness is no more natural than whiteness is. But as long as whiteness is enforced as a coercitive concept, blackness will exist as a concept that forces itself on people who are the first targets and victims of white supremacy. 

It appears as a uniting conceptual tool, but is still paradoxically imposed by the opposite concept of whiteness. It may appear as a concept people choose, but there is no choice in being designed or labelling oneself as "black". It actually means that white supremacy manages to impose even the concepts its victims use to defend themselves. 

The vicious circle of racial thinking proves to be extremely powerful. Unless people decide that they are going to get rid off it altogether (refrain from using its words), they will remain stuck in a type of thinking that reinforces racism instead of destroying it. This is valid for people labeled as "whites" as well as "black" (and more rarely as "yellow" or "red"). One cannot be "anti-racist" if one defines oneself with the words of "race".

* one example of such a person in French society is Pr Louis Sala-Molins, who has written several books pertaining to the racist laws that were based on the theory of race. A French historian, Alain-Gérard Slama, said this about Pr Sala-Molins: "with a stupefying ignorance Sala-Molins accuses the western, white species he belongs to". As Pr Sala-Molins comments: "All is clear".

Race thinking and gun owning: two symptoms of the same disease

They don't want to abandon it.

their gun
their race

They think it's useful.

They think it's freedom.

They couldn't be further from reality.

Guns have never helped anyone stay alive. They are meant to kill and to bring their makers money. They were and are a perfect genocidal weapon during the Frontier era and now in the inner cities of the US. The dark-skinned and poor populations use them against themselves. It's massive scale suicide under the guise of freedom.

Race has never helped societies get better. It was meant to separate and kill the humanity in us. It was meant first to make money through its enforcement in slave laws like the Black Codes (Le Code Noir in France), among others. The belief in race perpetuates racism because it is what fuels it...

mercredi 16 juillet 2014

Réflexes racistes ?...


Voici une vidéo censée montrer le "racisme" chez des enfants européens, mais qui montre surtout les défauts de l'étude en question et de nombreux problèmes sous-jacents, en particulier les préjugés inscrits dans la manière de mener l'étude elle-même.

Les enfants pensent-ils les personnages comme "noir" et "blanc" ? Pas sûr, il arrive assez souvent que les enfants rejettent ces étiquettes raciales pour des descriptifs de couleur (beige/ marron).

Que se passerait-t-il si on proposait plusieurs choix au lieu de deux choix clairement prédéfinis racialement, en plus ?

Et si on proposait aux enfants d'avoir l'alternative de ne pas choisir ?

On voit bien que plusieurs d'entre eux hésitent et regardent la chercheuse pour "vérifier si c'est bien ça" (surtout un !). En plus elle réagit avec approbation ("hum hum, oui")

Ne choisissent-ils pas "ce qu'on attend d'eux" parce qu'ils ont déjà repéré les préjugés et sont face à un adulte avec de l'autorité?

Autre proposition: comment cela se passerait-il s'ils étaient isolés dans une cabine avec les différentes proposition d'instructions, dont "je ne sais pas" comme réponse possible ?

Une dernière situation possible: l'adulte avec autorité qui retourne les flash-cards est lui-même ou elle-même classifié comme noir(e).... - Comme par hasard, ce n'est jamais le cas-. Pourtant cela permettrait vraiment de savoir si la figure de l'adulte qui "distribue les cartes" a lui-même un rôle (d'autorité et donc déformant dans le cadre du test qui devrait rester neutre).

Par ailleurs, le concept "d'ethnie" est récent, une variante de "race". Cependant la spécialiste en neuro-sciences (les neuro-sciences pour étudier le racisme ?) l'emploie comme il s'agissait d'une reconnaissance réflexe, innée ("naturelle", comme renchérit le journaliste). On se rassure comme on peut sur les concepts imposés culturellement par sa civilisation en en faisant des faits "naturels" inévitables.

Et finalement, dernière remarque concernant ce "test": les conclusions apportées par ces chercheurs français et suisses ne prennent pas du tout en compte le contexte original de l'utilisation de ces outils. Aux US, on fait ces mêmes études (avec les mêmes images) principalement avec des enfants classifiés comme "noirs" ou dans des lieux avec un mélange d'enfants de toutes origines, majoritairement afro-américains.

Donc les résultats ne peuvent pas être interprétés de la même manière du tout: comment pourrait-on parler "d'identification positive" avec "son groupe ethnique" quand des enfants "noirs" montrent les mêmes réactions que celles décrites ici ? Il ne s'agit plus de "racisme" (dans le sens de sentiment de supériorité et de rejet en conséquence) mais plutôt de révélation d'une aliénation.

Personnellement, comme titre pour cette vidéo, je choisirais l'autre expression favorite de ces messieurs-dames: "tout le monde est un peu raciste", qui est clairement disculpante et généralisante, et correspond au but inavoué (ou inconscient) de cette "étude".

Si c'est ainsi qu'on envisage de "combattre" le racisme, on est mal parti.

Commençons déjà par expliquer à tout le monde que c'est: une idéologie, pas de la biologie.

vendredi 25 avril 2014

Le racisme, ce n'est pas de la haine

La haine, c'est une des conséquences du racisme.

Le racisme est une idéologie, pas un sentiment.

C'est une idéologie qui est encore aujourd'hui appliquée à travers des lois et des systèmes politiques.

Une idéologie à laquelle souscrivent des groupes organisés, mais aussi des "gens", qui savent ou ne savent pas qu'ils sont racistes, mais qui "croient" aux idées qu'on leur a inculqué à travers, par exemple, le système scolaire de leur pays.

Une idéologie, ça se combat politiquement. ça nécessite des réformes, c'est à dire des lois qui améliorent les choses. Qui permettent de sanctionner les citoyens qui se comportent de manière raciste envers les autres. Mais quand des sociétés entières se sont construites sur l'idée que leur "nation" correspond à une "race", cela devient très compliqué parce qu'il faut alors remettre en cause tout les concepts qui sont à l'origine du mode de fonctionnement de cette société.

Nous en sommes là en France. Nous avons un président qui avait promis, par exemple, de fait supprimer le mot "race" de  la Constitution. Il y est toujours. Le sous-entendu est qu'on ne veut pas se débarasser de l'idée... On a bien du mal en tous cas.

Si on se débarasse de l'idée, de la notion de "race", on aura déjà fait un grand pas vers la réduction des expressions de haine liées à cette idée.

Lectures pour étoffer les idées:

Dorlin Elsa, La matrice de la race. Généalogie sexuelle et coloniale de la Nation française. Paris, La Découverte, 2009 (2006)


Citron Suzanne, Le Mythe national. L'Histoire de France revisitée. Paris, Les Editions de l'Atelier/ Editions Ouvrières, 2008

vendredi 28 février 2014

Afro/Negro-phobie... Euro-arnaque ?

Attention aux arnaques conceptuelles...



La nouvelle, c'est "l'afrophobie" ou la "négrophobie". En lieu et place du racisme ?


Une phobie, ce n'est pas un délit, ce n'est même pas une idéologie. Donc ce n'est pas condamnable.

C'est "juste" une maladie...

ça ne se légifère pas, on peut "juste" essayer de soigner les "pauvres malades".

Mais les traduire devant un tribunal pour "afrophobie"/ "négrophobie" ?

Pas possible.

Attaquer l'afrophobie devant la justice ? 


Pas possible, puisque ce n'est pas défini légalement.

Cette translation habile et rusée du racisme (idéologie condamnable car érigée autrefois en Loi, et aujourd'hui condamnable comme Délit) n'est pas un élément de "l'arsenal législatif européen".

Les "bonnes âmes" et éventuellement les "psy" vont la combattre.

Mais comment faire quand les psy eux mêmes en souffrent ?




Merci à Nzwamba Simanga d'Uhem Mesut de pointer les choses essentielles...

Le racisme, c'est quoi ?

Ces derniers temps, ça recommence. Les tentatives de noyer le poisson. De créer la confusion pour qu'on s'occupe de tout, sauf de l'essentiel.


Comme de créer un nouveau terme: l'afrophobie... et quand on cherche bien, on retombe sur: racisme.
Le racisme, c'est quoi ?

Pour commencer, c'est singulier. Ce n'est pas pluriel. Il n'y a pas "des racismes". Tout comme il n'y a pas "des humanités".

Le racisme a des origines bien précises, et des raisons d'être tout aussi précises.

Il postule l'existence de "races" humaines.

C'est à dire que le premier effet de cette notion est de SEPARER implicitement. S'il y a des "races", c'est que nous sommes différents intrinsèquement, biologiquement. C'est ce qu'on appelle l'essentialisation de la race.

Première confusion: certains pensent que nier l'existence des "races", c'est nier les "différences". Les différences d'apparences, culturelles ou géographiques, par exemple.

C'est une des techniques favorites des racistes ou des racistes qui s'ignorent pour jeter la confusion dans le débat.

Or, quand nous parlons de "différences", nous ne parlons PAS de "races".

Nous parlons de différence de couleur de peau, ce qui n'est PAS la même chose que la "race".

C'est une des plus belles réussites des racistes: celle d'avoir réussi à trouver des concepts qui semblent se confondre avec la couleur de peau: blanc, noir, jaune, rouge.


Or, si on observe bien, personne n'a la peau de ces couleurs. La peau des êtres humains varie du brun très foncé au beige très clair.

Si on considère "blanc", "noir", "jaune" et "rouge" comme des couleurs de peau, alors dites-moi:

où commence et finit le "blanc" ?
où commence et finit le "jaune" ?
où commence et finit le "rouge" ?
où commence et finit le "noir" ?

Il y a même des gens qui se sont amusés à déterminer les "nuances" de "noir", nuances de "blanc"!

Et personne n'y voit un problème ?

Bref, tout cela pour dire qu'on ne parle pas de couleur de peau, mais de concepts/ notions liés apparemment à l'apparence, qui sont en fait des termes qui contiennent un SENS, quand on parle de "races".

Dans les langues européennes*, le blanc, le noir, le jaune et le rouge étaient (et sont toujours) fortement connotés.

Les appliquer (littéralement, comment une couche de peau en plus) à des humains agi(ssa)it de manière à transférer le sens de la couleur à l'humain en question. Ce qu'on retrouve dans les définitions des "caractères" liés aux 4 "races" par les taxonomistes et autres naturalistes qui ont différencié et classifié les races (pour en trouver une certain nombre, souvent supérieur à 4) au 18è et 19è siècles en particulier.


Quand nous parlons de différences, nous ne parlons pas de "races".

Nous parlons de différences culturelles, religieuses, etc, liées à des apprentissages, et pas des choses innées.

Les racistes dit "scientifiques" ont également tenté de lier les "races" à des caractéristiques autres que physiques ou d'apparence. Ils ont tenté de généraliser à des "types" humains, surtout en fonction de ce qui leur était utile pour justifier les agissements qui ont accompagné le développement du racisme: l'esclavage, le colonialisme, le tout sur fond de capitalisme.

Le procès qui consiste à attaquer celles et ceux qui combattent le racisme en arguant du fait qu'il faut "respecter les différences" est fondamentalement marqué par une acceptation du racisme. Il se double très souvent d'un strabisme intellectuel qui consiste à multiplier les racismes jusqu'à ce qu'on ne s'y retrouve plus, et SURTOUT: jusqu'à ce qu'on oublie ce qu'est le racisme !

Le racisme, c'est:

1 - l'invention de "races" humaines basées sur l'application habile de "couleur" qui n'en sont pas à des groupes humains, qu'on définit en sus comme homogènes, c'est à dire qu'on y voit des humains "tous pareils", qui "se ressemblent tous".

2 - l'idée qu'une de ces "races", celle qui s'est inventée elle-même et qui a inventé les "autres"; la "blanche", serait SUPERIEURE aux autres, et en particulier à la "noire". Et que de part cette supériorité supposément intrinsèque, elle aurait tous les droits sur les autres "races". Y compris de les définir selon ses critères à elle.

Le racisme, c'est ça, et rien d'autre.



*je ne connais pas celles qui sont parlées à la périphérie de l'Europe géographique, et je n'ai pas encore eu le temps de m'instruire là-dessus donc je me contente de ce que je connais plus ou moins bien: les langues d'Europe de l'Ouest jusqu'au Caucase).

jeudi 27 février 2014

Du Père Noël et de la "race".

Cela peut sembler bien incongru, de parler dans un seul et même article de ces deux sujets apparemment bien distants.

Et pourtant, en terme de psychologie de la manipulation, on est en terrain commun.

Tous les enfants, dans les cultures chrétiennes ou baignées de chrétienté, renoncent un jour ou l'autre à leur croyance en ce personnage particulier qu'est le Père Noël.

Alors pourquoi ne renoncent-ils pas à la croyance en la "race" ?

C'est pourtant une croyance tout autant basée sur l'invention, l'imaginaire, que le personnage du Père Noël... Tous les adultes savent que le père Noël n'existe pas. Mais ils savent aussi que dans les cultures chrétiennes, il participe de la construction sociale et psychique des enfants. Le Père Noël apprend à obéir, à partager, à être gentil, à respecter les plus âgés, etc...

De même pour l'idée de "race": elle apprend des choses aux enfants...

Qu'apprend-elle ?

Qu'il y a des groupes humains avec des "rôles" particuliers. Que leur "apparence" définirait leur "caractère". Qu'un groupe humain défini comme "blanc" est supérieur aux autres, en particulier à celui défini comme "noir" de part sa supériorité intrinsèque, supposément contenue dans sa "blancheur" (donc sa pureté).

Mais contrairement à la croyance au Père Noël, la société raciste ne considère pas qu'il faut s'en défaire. Alors qu'il est tout aussi stupide en soi de croire en des "races" que de croire qu'un vieux monsieur vit au Pôle Nord et descend par les cheminées pour déposer des cadeaux au pied d'un sapin !

La société raciste ne se défait pas de la race, car elle est le moteur de nombre de ses appareils de contrôle social et politique. Elle l'est depuis l'avènement de la république, en France et aux Etats-Unis, par exemple. Elle sous-tend toutes les politiques de migrations, si importantes dans les sociétés capitalistes.
Concernant cet exemple, considérons le vocabulaire utilisé: quand un occidental (un "blanc") migre dans un autre pays, c'est un "expatrié". Quand un étranger (un "non-blanc") migre, c'est un "immigré". Même à travers le lexique, pour parler de la même chose, on a l'expression d'une "supériorité" implicite.

Alors, on peut en conclure que, comme pour la croyance au Père Noël, qu'on ne peut pas arracher d'un coup aux enfants, sous peine de les peiner, les rendre tristes ou les déstabiliser dans leur vision du monde, il faut aussi passer par une phase d'apprentissage de la vérité pour les adultes qui doivent se défaire de leur racisme acquis.

Si on les attaque de front, en leur affirmant la vérité: "les races n'existent pas", on risque de ne plus pouvoir partager quoique ce soit avec eux. C'est par le récit de faits, amenés les uns après les autres, des preuves de la non-existence des "races", qu'on peut atteindre ce but. C'est par la répétition, l'apprentissage de toutes les manières, qu'on peut le faire, tout comme les racistes ont pratiqué la répétition et la multiplicité des approches pour inculquer leur croyance.

Car un raciste ne supporte pas d'être confronté avec cette réalité traumatisante: il s'est en effet construit dans l'idée qu'il appartient à une "race". De même des gens qui n'ont à priori pas de propension à être racistes (comme les victimes du racisme elles-mêmes) peuvent se trouver déstabilisés face à l'affirmation de l'inexistence d'une référence identitaire (imposée) qui était la leur jusqu'à ce jour. Ce vide soudain dans leur définition d'eux-mêmes peut être vertigineux.

Il faut absolument trouver matière à leur reconstruire un monde, dans lequel ils ont une place qui n'est pas qu'absence. Il faut contrer le racisme avec une autre vision pour que les êtres humains qui se sont construits dans l'idée de race puissent doucement se percevoir autrement, concevoir leur appartenance au monde de manière positive et utile.

Tout comme les enfants continuent à vivre et deviennent matures en renonçant à croire au Père Noël.

mercredi 26 février 2014

Hommage à Stuart Hall

Ce sociologue qui a consacré sa carrière à déchiffrer le fonctionnement de l'idéologie raciale nous a quitté.

J'invite celles et ceux qui souhaitent approfondir leurs connaissances à lire ses articles et ouvrages en français (les quelques qui ont été traduits).

Otherwise, the possibilities in English are easily available.

mercredi 20 novembre 2013

Une journée ANTI-RACISTE... pour quoi faire ?

Samedi 30 novembre s'annonce comme une journée ANTI-RACISTE en France.

CHICHE !

Je propose qu'on réfléchisse à la manière dont fonctionne notre société française avant de se rendre aux manifestations. De préparer des petites affiches rappelant les "essentiels".

Les Français se désignent ou désignent les autres comme "noirs", "blancs", "blanches" ou "noires", très souvent (et aussi comme "arabes" et autres définition liées à l'origine géographique non "raciales"). Et le plus souvent sans réfléchir à ce que signifient ces termes bien pratiques pour classifier.

On se targue de ne pas avoir de classification raciale officielle et institutionnelle (comme les USA) mais cela n'empêche pas un bon pourcentage (95 % ?) de nous tous d'utiliser ces CONCEPTS raciaux comme si de rien n'était. Or ce sont les racines du mal: toute idéologie est fondée sur des mots, et dans le cas du racisme, pas besoin de regarder plus loin: ils sont là.

Quand on désigne quelqu'un ou on se désigne soit même par un terme racial, on affirme qu'on y croit, on perpétue cette idée, et on participe donc au "système" qui sous-tend l'exploitation de l'autre par l'affirmation d'une hiérarchie de ces "races". Car elles n'ont d'utilité quand dans leur hiérarchisation.

Quand on dit que quelqu'un est "blanc", on dit qu'il ou elle n'est pas autre chose. On le ou la fige dans une identité. Même chose pour les autres "races".

Les enfants comprennent cela très bien quand on leur demande de quelle couleur serait quelqu'un dont les parents sont "noir" et "blanc" ou "jaune" et "rouge". D'abord, ils montrent qu'on leur a déjà appris les références à la "race" puisqu'ils répondent souvent: "métis" (terme racialisé également). Quand on redit: "non, de quelle couleur". Ils comprennent et trouvent "gris", "orange".

Parfois, l'un d'eux dit: "ah mais alors c'est juste un mot pour représenter ?!" Ou bien, "ah d'accord donc c'est des concepts, pas des couleurs de peau"

Car personne n'est gris ou orange, n'est-ce pas ? Ni noir, ni blanc, ni jaune, ni rouge.

Sur le plan socio-historico-économique...

La Consitution française contient le terme "race" dans son article premier:

"La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion."
Cela sous-entend la croyance sur le plan politique en cette idéologie.

La France est ENCORE un pays colonialiste (et donc raciste) de manière institutionnelle. La France a ENCORE des colonies (qu'elle nomme officiellement Départements et Territoires d'Outre-Mer).
Une phrase du Préambule à la Constitution est d'ailleurs révélatrice quand au véritable état d'esprit de notre "République":

"En vertu de ces principes et de celui de la libre détermination des peuples, la République offre aux territoires d’outre-mer qui manifestent la volonté d’y adhérer des institutions nouvelles fondées sur l’idéal commun de liberté, d’égalité et de fraternité et conçues en vue de leur évolution démocratique."

Phrase, ou même "sentence" aux relents fortement parternalistes ! On "offre" généreusement la possibilité de devenir "démocratique" !!! Quelle générosité, n'est-ce pas ? Et dans le Préambule en plus, pour que les choses soient claires.

Alors, je sais que certains vont dire:

"oh, mais quand même, il ne faut pas exagérer !"

"on ne peut pas tout changer d'un coup"

"il faut laisser du temps au temps".

J'ai des infos pour eux: ça fait 4 siècles que ça dure.

Ce sont les racistes qui exagèrent, et on est bien capable de casser des Traités à tour de bras et d'intervenir de manière intempestive chez les autres au nom de la "pacification" et même (quelle horreur) au nom de la "réparation de l'esclavage" (Hollande à propos du Mali). Ou au nom de l'exploitation des ressources (maintenant le "management" nous a même inventé les "ressources humaines").

Donc, si nous sommes si intelligents, ouverts, démocratiques, intéressés par les Droits de l'Humain, on attend QUOI pour changer ?

Parce que le changement ne viendra que de NOUS, les soit-disants "blancs". Et s'il ne vient pas, il ne faudra pas s'étonner qu'on paie pour tout ce que nos ancêtres ont fait ET CE QUE NOUS CONTINUONS A FAIRE, sous couvert d'autres concepts, comme "l'humanitaire" (entre autres).

ça suffit de traiter les autres comme des moins que rien !

Si on est si bons et si forts, pourquoi est-ce qu'on a tant besoin de garder leurs terres sous notre domination, hein ? On ne peut pas se débrouiller tout seuls ?

Cordialement et anti-racistement.

mardi 22 octobre 2013

"Black slaves"

They were not "slaves". They were Africans, lived on the African continent, were deported by Europeans -mostly- to the Americas, but also to Europe and other places.

There were "slaves" only in the mind of the slavers. It wasn't their nature, it wasn't their culture.


They were not "black". Their skin was dark, they defined and designated themselves and each other in various and different manners, which didn't have much to do with physical appearance, or skin color.


They were "black" only in the mind of those who designated themselves and others (but not all, depending on the benefit they got from it) who looked like them as "whites".

They were not "slaves" or "black" when they left their house, their country, their people, their family.

They were men and women, children and parents.


History books must stop spreading that idea that they were slaves while they are referring to free Africans.

Children must not learn that Africans were supposedly "black slaves" by "nature" or by "culture".

In the same way as today Africans who migrate to Europe are deemed "clandestine" even before they have left the shores of Africa or their village or city. They are not "clandestine" and don't want to be.

Racist ignominy must be denounced and must cease. It has been going on for too long.

vendredi 18 octobre 2013

"Esclaves noirs"

"Esclaves" ils ne l'étaient pas. Ils étaient Africains, habitants du continent africain, déporté par des Européens majoritairement vers les Amériques, mais aussi vers l'Europe et d'autres endroits.

"Esclaves" ils n'étaient que dans l'esprit des esclavagistes. Ce n'était ni leur nature, ni leur culture.

"Noirs" ils n'étaient pas non plus. Ils avaient la peau foncée, se définissaient et désignaient de multiples et différentes manières, qui avaient peu de choses à voir avec leur apparence physique, encore moins leur couleur.

"Noirs" ils n'étaient que dans l'esprit de ceux qui s'étaient désignés, ainsi que certains (mais pas tous) qui leur ressemblaient (même contre leur gré) comme "Blancs".

Ils n'étaient pas "esclaves" ni "noirs" quand ils quittaient leur maison, leur pays, leur peuple, leur famille.

Ils étaient des hommes et des femmes comme les autres.

Les livres d'histoire doivent cesser d'instiller cette idée qu'ils l"étaient en les désignant ainsi alors qu'ils font référence à des Africains libres.

Les enfants ne doivent plus apprendre que les Africains auraient été par "nature" ou "culture" des "esclaves noirs".

Comme aujourd'hui ils seraient des "candidats à la clandestinité". Clandestins ils ne sont pas et encore moins candidats.

L'ignominie raciste doit être dénoncée et cesser.

mercredi 16 octobre 2013

La "blanche" et le racisme

La "blanche" (un élément essentiel dans la construction du système de domination appelé "suprématie blanche", et un concept en elle-même dans ce contexte*) est souvent accusée de perpétuer et maintenir la suprématie blanche et parfois considérée comme pire que "le blanc" dans ce processus.

En effet, la "blanche" est la reproductrice officielle et nécessaire de la dite "race blanche". Sans son consentement, le concept même de "race blanche" (ou de "blanchitude" -voir Louis Sala-Molins dans "Le Code Noir ou le Calvaire de Canaan) s'évanouit.


Ce système doit donc être sans pitié avec elle. "Elle" doit obéir aux règles de la suprématie blanche (ne se reproduire qu'avec des hommes classifiés comme "blancs"). Depuis sa naissance, dans les endroits les plus racistes, on lui fait croire qu'elle tient un rôle spécial dans le développement de l'humanité (c'est souvent implicite dans les pays ayant une base raciste). On la manipule pour qu'elle se pense comme "meilleure", "plus belle" et qu'elle s'imagine que son rôle est de maintenir une sorte de supériorité morale sur les "autres" femmes.

Celles et ceux qui lui reprochent sa parfaite collaboration dans le système suprémaciste peuvent se rendre compte que c'est elle qui subit la manipulation la plus intraitable. Elle ne le reconnaît ou ne s'en rend compte que très rarement.
Pourquoi ?

Parce qu'elle en bénéficie en apparence (en tous cas matériellement). Elle est l'objet de louanges et de reconnaissance, ne serait-ce qu'à travers les médias tels que la publicité, la mode et les publications féminines. Ses congénères "autres" subissent le racisme, ses effets et ses conséquences, ce qui leur facilite paradoxalement son analyse et leur permet, quoique très difficilement, de le combattre au lieu d'y adhérer.
 

Comment rejeter la manipulation quand vous en bénéficiez ? Il est souvent impossible de s'en rendre compte dans de telles circonstances. La victime de manipulation pense que les choses sont "normales". Seuls les observateurs, surtout ceux qui souffrent des processus de manupilation de la suprématie blanche peuvent les percevoir facilement.

Ceci n'excuse en rien le "comportement de la blanche", mais l'explique.

Lorsqu'une femme classifiée comme "blanche" dans la taxonomie raciste, réalise qu'elle est utilisée comme machine reproductrice, elle a deux choix: y adhérer et collaborer, ou refuser et résister. Cela peut signifier pour elle de rejeter sa famille et ses amis. Ce n'est pas si facile. On la traitera de traitre (explicitement ou implicitement) et personne n'apprécie cela.


La suprématie blanche est une machine bien huilée à laquelle il est très difficile de résister, surtout quand on n'en est pas une victime. C'est pour cela qu'elle fonctionne si bien. Elle produit son propre carburant...


*lire "La Matrice de la Race", Généalogie sexuelle et coloniale de la Nation française. Elsa Dorlin. La Découverte/Poche, 2006,2009 pour plus de détails sur une analyse de la construction de la "femme blanche" dans la pensée raciste française.

The "white woman" and racism

The "white woman" (an essential element in the construction of the white supremacist system of domination and a concept in it/herself) is often accused and sometimes deemed worse than the "white man" in the perpetuation and maintaining of white supremacy.

Indeed the "white woman" is the necessary official reproducer of the so-called "white race". Without her consent, that concept of "whiteness" simply vanishes.

So the system has to be harshest on her. She must obey the rules of whiteness because whiteness depends on her (therefore reproduce only with men classified as "white"). From her birth, in the most racist places, she is made to believe she has a special role in humanity (it's often implicit). She is manipulated into believing that she is "better", "more beautiful", and must maintain a moral superiority over "other" women.

Those who reproach her with being a perfectly working part in the clock of racism may realize that she is the one who is under the greatest amount of manipulation. She seldom realizes and recognizes it.
Why ?
 

Because she seemingly benefits from it. She receives praise and recognition in many ways. Her "other" counterparts undergo racism, its effects and consequences, which paradoxically makes it easier for them to decipher it but not so easy to fight it.

It is very difficult to reject manipulation when you benefit from it. It is often impossible to realize you are being manipulated in such circumstances. The victim of manipulation thinks things are "normal". Only bystanders, especially those who suffer from the manipulative schemes of white supremacy, can see it.

It is not an excuse for the "white woman's behavior", but it is an explanation.

When a woman classified as "white" in the racist classification system realizes she is being used as a reproduction machine, she has two choices: adhere and collaborate, or refuse and resist. The latter might mean rejecting her family and friends. It is not the easiest of things to do. She will be called a traitor and nobody likes that.

White supremacy is a well-oiled machinery that makes resisting it extremely complicated when one is not a victim but benefits from it. That is partly why it works so well.